Messagerie-Express
La situation financière du secteur

Les activités de la messagerie et de l’express ont été, comme les autres activités du transport, fortement impactées par la diminution des volumes. Sans doute même l’ont-elles été plus que d’autres car les activités de réseau ont des possibilités d’adaptation de leurs coûts limités par l’obligation de continuer à respecter les engagements de service pris envers la clientèle. Il s’en est suivi une baisse des prix dramatique en 2009. Voilà pour les aspects négatifs.

Cette crise aura, peut-être, un effet positif à moyen terme… En effet, elle a conduit de nombreux opérateurs à réduire la dimension de leurs réseaux et à revenir à une politique de partenariat plus conforme à la géographie économique de notre territoire. Nous ne le répéterons jamais assez : il n’y a pas trop de réseaux. Il y a trop de réseaux dans certaines zones géographiques.

Cette situation a constitué une préoccupation fondamentale pour le Conseil de métier Messagerie-Express mais cela ne l’a pas empêché de prendre position sur des sujets qui vont avoir un impact économique important pour nos métiers: les modalités de répercussion de l’écotaxe, celles de calcul et d’affichage des émissions de CO2 et la nécessaire amélioration des relations clients/transporteurs. Un exemple pour illustrer ce dernier sujet : il est inacceptable que les clients puissent continuer à nous quitter sans aucun préavis. Les États généraux doivent être l’occasion d’aboutir à des engagements précis pris par les clients. Ce sera la condition nécessaire à une amélioration des relations entre donneurs d’ordre et sous-traitants. Il faut malheureusement constater que, trop souvent, nous ne sommes pas respectés par nos clients. Cette situation est dommageable aux uns et aux autres.

Conformément à son calendrier annuel, le Conseil s’est réuni à cinq reprises depuis la précédente Assemblée générale, sous la présidence de : Jean Depraeter (Geodis) etChristian Emery (Chronopost International). En liaison avec le Conseil Route, le Conseil a suivi les travaux relatifs au projet d’affichage des émissions de CO2 des prestations de transport menés au niveau de l’ADEME et de l’AFNOR aux modalités d’application du projet d’écotaxe poids lourds. La mise en place de la nouvelle réglementation cabotage a également fait l’objet d’un suivi commun. Depuis le début de l’année, le Conseil participe activement aux travaux menés au sein des États généraux du transport, à la fois sur les questions économiques et sur les questions sociales.

Conjoncture

La crise économique et financière mondiale commencée en 2008 s’est aggravée durant la première moitié de l’année 2009. Selon les premiers résultats des comptes des transports (MEEDDM/SOES), l’indice de production des services de transports (IPST) a diminué de 8,4 % en 2009 après une stagnation en 2008 et revient ainsi à son niveau de 2005.La baisse de l’’indice de volume s’amplifie en2009, à - 15,2 % après - 3,1 % en 2008. Le ralentissement des activités de transport de marchandises frappe les services auxiliaires (manutention, logistique) dont l’indice de production enregistre une baisse historique en2009 de 7,0 %, après une légère augmentation de 0,4 % en 2008. Il retrouve un niveau proche de celui de 2005. Seuls les services auxiliaires des transports terrestres restent stables (+ 0,3 %). L’organisation de transports, très liée à la sous-traitance et à l’affrètement, chute dans les mêmes proportions que le Transport routier de marchandises, de 14,4 %, après trois années de hausse, certes modérée (+ 1,2 % en 2006 et+ 1,5 % en 2007 et 2008).Des baisses fortes sont enregistrées pour la messagerie fret express (-6,7 %), pour l’entreposage-manutention terrestres (-7,6 %) et pour les services annexes maritimes et fluviaux(-8,4 %).

Le secteur de la messagerie – fret express, en national

Il affiche, en 2009 une baisse à la fois des volumes traités (tonnes, envois) et du chiffre d’affaires. Les volumes chutent d’environ 10 %dans la messagerie traditionnelle et l’express« tous poids » (colis lourds). L’express « colis légers » est moins touché avec des volumes qui fléchissent peu. La pression sur les prix pèse également sur le chiffre d’affaires : ils reculent de 13,2 % dans l’express « tous poids ». Même l’express « colis légers » voit son chiffre d’affaires diminuer de4,4 % malgré des volumes presque stables. Amorcée au premier trimestre 2008, la baisse du chiffre d’affaires s’est étendue à tous les segments et s’est accrue début 2009. L’activité en tonnes de la messagerie traditionnelle a atteint son minimum absolu depuis début1994, au premier trimestre 2009 avec un indice cvs-cjo* égal à 95,1. Après quatre trimestres successifs de baisse, l’activité a repris au deuxième trimestre (+ 3,3 %). La messagerie express a commencé à se redresser seulement au troisième trimestre 2009.La forte baisse du chiffre d’affaires en 2009(- 9,1 %) est le résultat de la chute enregistrée au premier trimestre (- 7,5 % en données cvscjo), conséquence directe du ralentissement des volumes d’activité. Quant au prix moyen, chiffre d’affaires au kilo, il est resté stable en2009 (+ 0,1 %) avec une petite augmentation au quatrième trimestre (+ 2,0 %).

Le fret express « tous poids »

Ses volumes traités ont fortement diminué en 2009, de 8,6 % en tonnes et de 11,3 % en nombre d’envois, malgré la hausse relevée au cours des deux derniers trimestres de l’année. Les volumes en fret express « colis légers » restent relativement stables : la baisse en début d’année n’est pas aussi prononcée que dans le « tous poids » et le quatrième trimestre est fortement positif, à + 16 % par rapport au troisième trimestre 2009 en tonnes et en nombre d’envois. Le « produit moyen » par envoi diminue pour la messagerie express (- 2,2 % pour l’express « tous poids » et - 2,9 % pour l’express « colis légers »). À l’international intracommunautaire (messagerie traditionnelle et en express) tous les chiffres d’affaires à l’exportation affichent en 2009 des diminutions à deux chiffres. C’est également le cas du chiffre d’affaires des importations en messagerie traditionnelle alors que le chiffre d’affaires du fret express diminue très modérément (- 1,0 %). Les volumes traités de cette activité sont aussi en baisse, sauf pour les importations dans l’express qui progressent de 9,1 % en tonnes et de 10,7 % en nombre d’envois. Néanmoins au quatrième trimestre les chiffres d’affaires et les volumes augmentent à nouveau. Récemment, la paralysie du transport aérien liée à la fermeture généralisée de l’espace aérien a désorganisé le fret. En effet, si l’activité fret des compagnies aériennes ne représente que 2 à 3 % des volumes de l’ensemble du transport de marchandises, elle atteint en valeur 30 à 40 %. La fermeture des hubs a fortement handicapé les expressistes, malgré leur réactivité rapide en matière de réorganisation par un basculement des trafics sur le réseau routier. Il n’en demeure pas moins que les délais 24/48h sont passés à 5 jours, or la prestation « express » est vendue 30 % plus chère qu’un transport standard ; d’où un véritable manque à gagner qui s’en est suivi.

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