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03/07/2019

Interviews d’Éric HÉMAR, Président de l’Union TLF et Michel MATTAR, Secrétaire général de TLF Méditerranée dans La Provence – Juin 2019

Interviews d'Éric HÉMAR, Président de l’Union TLF et Michel MATTAR, Secrétaire général de TLF Méditerranée dans La Provence - Juin 2019Le supplément de La Provence du 28 juin 2019 ouvre ses colonnes à la logistique !  Le journal interviewe plus d'une dizaine d'acteurs publics et privés du secteur et présente ainsi un panorama de la logistique dans la région Méditerranée.

Avec plus de 81 millions de tonnes transportées et 40 000 emplois associés, Marseille-Fos est le 1er port de France et le 2e en Méditerranée. Il est le poumon économique des Bouches-du-Rhône, et la principale porte d’entrée de l’axe portuaire et logistique Méditerranée-Rhône-Saône.

Éric HÉMARPrésident de l’Union TLF & ID Logistics et Michel MATTAR ,Secrétaire général de TLF Méditerranée font partie des experts interrogés par le journal.

Propos recueillis dans le Supplément La Provence 

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La provence

Éric HÉMAR - Président de l’Union TLF et Président d’ID Logistics

Éric HÉMAR - Président de l’Union TLF et Président d’ID Logistics

Eric HÉMAR et Patrick DAHER ont mené à bien la mission qui leur avait été confiée par les ministres des finances et des transports au début de cette année : indiquer comment redresser la perception de la logistique en France, alors que ce secteur économique emploie environ 1 800 000 personnes et pèse en valeur près de 10 % du PIB.
Comme chefs d’entreprises logistiques, ils ont analysé les travaux antérieurs sur ce sujet pour comprendre comment la France est perçue en matière logistique par la Banque Mondiale, mené une étude de cas sur la distribution européenne, entendu le point de vue des professionnels, et regardé comment fonctionnent les deux pays leaders en matière de logistique que sont l’Allemagne et les Pays-Bas.

Éric HÉMAR, quel diagnostic dressez-vous ?
De quoi souffre la logistique française ?

Le diagnostic est simple : il y a urgence à agir car la France continue de se faire distancer par ses proches concurrents (Allemagne 1ère ; Pays-Bas 2ème, Belgique 4ème) en restant autour de la quinzième place du classement de la Banque Mondiale sur la performance logistique des pays, malgré les efforts récents conduits à ce sujet. En effet, avec la stratégie nationale « France Logistique 2025 » et les rapports parlementaires conduits sur les places portuaires de Marseille, du Havre et de Dunkerque, toutes les analyses et propositions sont largement sur la table : reste à déterminer la façon de les mettre en oeuvre sans tarder, de façon concertée et efficace.

Notre diagnostic a été approfondi par une étude de cas. Celle-ci a confirmé que la localisation idéale pour l’implantation des entrepôts logistique se situe à l’Est de l’Allemagne, que le prix du foncier est moins coûteux en France parce que plus disponible, mais que la fiscalité y rend in fine les prix des entrepôts plus élevés, que les passages aux frontières sont perçus comme plus complexes en France et que la massification permet aux grands ports d’Anvers et de Rotterdam de réduire sensiblement leurs coûts. Les raisons du déclassement sont donc bien identifiées : la logistique constitue un secteur prioritaire en Allemagne et aux Pays-Bas. Ces deux pays ont entrepris dans les deux cas des actions concrètes, portant sur la mise en place de plans stratégiques, d’alliances public/privé. Ils ont aussi développé des actions opérationnelles couvrant les compétences, la R&D, la réglementation, les relations entre modes de transport, l’environnement et la promotion internationale. À l’inverse, en France, les acteurs privés interagissent dans un écosystème complexe, il y a peu de coordination entre services aux frontières, entre services de l’État, entre Régions limitrophes. Le secteur est donc peu visible, dispersé et globalement peu attractif : il peine à recruter d’autant qu’il souffre bien souvent d’une image négative auprès des élus ou du grand public.

Face à ce diagnostic, que faut-il faire pour
améliorer notre système logistique ?

La première piste consiste à mettre en place une institution dédiée à la mise en oeuvre de la stratégie logistique en France, en cohérence avec la stratégie nationale portuaire en rassemblant l’ensemble de la profession sous un toit commun.

Ce dispositif de gouvernance ne sera pas seulement porté par l’État. Il devra intégrer l’avis et l’expertise des professionnels de la logistique, afin de prendre des décisions pragmatiques, au plus près des attentes du terrain.

Ce fonctionnement en mode public/privé devra être décliné au niveau territorial, en particulier sur les territoires des trois grandes portes d’accès portuaires, pour permettre d’impulser une politique en faveur de la logistique. Il s’agira par exemple de choisir les nouvelles zones bien reliées aux modes massifiés (ferroviaire, fluvial…) et dotées de services aux personnes travaillant sur ces zones, de façon à entretenir une dynamique favorable à la logistique.

Au-delà de la gouvernance, quelles actions
prioritaires avez-vous pu identifier ?

À l’issue de notre travail, Patrick DAHER et moi-même souhaitons proposer au gouvernement le déploiement de 6 actions concrètes :

  • Mettre en place le toit commun de la profession avec notamment la Plateforme France Logistique, un comité exécutif de la logistique et son comité interministériel
  • Améliorer l’image de la logistique grâce à des actions de communication rapide
  • Favoriser l’alternance pour entrer dans la profession avec l’objectif de 50 % pour les élèves post-bac
  • Faire de la douane le point d’entrée unique pour les plus importantes formalités aux frontières et communiquer autour de cette action
  • Faciliter les démarches administratives liées à la création d’entrepôts logistiques d’ici fin 2019
  • Obtenir la fixation des nouvelles règles de taxation foncière des entrepôts, cohérentes avec la fiscalité locale des autres pays européens.

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Interviews d'Éric HÉMAR, Président de l’Union TLF et Michel MATTAR, Secrétaire général de TLF Méditerranée dans La Provence - Juin 2019

Michel MATTAR - Secrétaire général de TLF Méditerranée

Michel MATTAR - Secrétaire général de TLF Méditerranée

Le secteur du transport et de la logistique joue un rôle majeur dans la compétitivité des entreprises et l’attractivité des territoires, tout en accompagnant depuis des années les changements dans le pilotage des flux. Témoin privilégié de l’évolution de nos sociétés et des modes de vie, ce secteur joue aussi un rôle social dans sa capacité à employer des milliers de salariés, dont 80 % n’ont pas de qualification.

Aujourd’hui, ce secteur fait face à des défis majeurs, certains liés aux changements sociétaux et d’autres relatifs à sa dynamique propre. Pour les premiers, la prise en compte des enjeux environnementaux globaux s’impose comme une évidence pour tous les acteurs. Si des progrès ont été réalisés de façon régulière, les enjeux impliquent désormais des efforts plus conséquents. En outre, ce secteur va connaître une transformation profonde de ses activités avec la digitalisation, les camions autonomes, robots et autres drônes qui vont progressivement être déployés.

Pour surmonter ces défis, les entreprises doivent être en mesure de réaliser les investissements humains et matériels nécessaires. Ce secteur s’est doté d’un référentiel RSE et s’engage aujourd’hui résolument vers l’amélioration de son empreinte carbone à travers le recours aux véhicules au gaz et vers la neutralité carbone des plateformes logistiques.

Dans ce contexte, le rôle des associations professionnelles évolue. Trop souvent réduites à leurs pseudo-stratégies politiques pour faire entendre la voix de la profession auprès des pouvoirs publics, elles aspirent à un dialogue permanent et constructif avec ceux-ci afin de créer un écosystème d’affaires favorable pour surmonter les défis communs. Une réglementation contraignante et une insécurité juridique freinent son développement.

TLF Méditerranée regroupe sur la façade méditerranéenne 1435 entreprises et établissements employant près de 47000 salariés.

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Interviews d’Éric HÉMAR, Président de l’Union TLF et Michel MATTAR, Secrétaire général de TLF Méditerranée dans La Provence – Juin 2019 was last modified: juillet 8th, 2019 by Union TLF